LES CLIMATS DE LA TERRE
Les coccolithophoridés, amplificateurs des variations climatiques
Des études scientifiques suggèrent que les coccolithophoridés auraient, au cours du Quaternaire, amplifié les variations climatiques liées aux paramètres astronomiques.
Expliquer comment les coccolithophoridés ont pu contribuer à amplifier les variations du climat au cours du quaternaire.
Vous organiserez votre réponse selon une démarche de votre choix intégrant des données issues des documents et les connaissances complémentaires nécessaires.
Document 1 : Les coccolithophoridés, organismes planctoniques des écosystèmes marins.
Document 1a. Caractéristiques cellulaires des coccolithophoridés.
Les coccolithophoridés sont des algues unicellulaires photosynthétiques. À un certain stade de leur développement, elles produisent des plaques de carbonate de calcium (CaCO3) cristallisées sous forme de calcite et appelées coccolithe. Ces plaques forment une protection autour de la cellule : la coccosphère.
Document 1b. Distribution géographique et temporelle des coccolithophoridés.
Les coccolithophoridés sont présents dans tous les océans actuels. Ils sont connus à l’état fossile depuis le début du Mésozoïque, il y a 215 millions d’années.
Ces organismes se développent en abondance sur d’immenses zones, couvrant jusqu’à plusieurs centaines de milliers de km2.
Ci-contre la distribution d’Emiliana huxleyi dans la mer de Barents (Image prise par le satellite ENVISAT en 2011).
Document 2 : Métabolisme des coccolithophoridés et propriétés physico-chimiques des nuages.
Le phytoplancton produit un composé soufré, le diméthylsulfoniopropionate (DMSP), impliqué dans les réactions de défense contre les prédateurs et les pathogènes. Les coccolithophoridés sont les principaux producteurs océaniques de DMSP.
Document 2a. Effet de la température sur la production de DMSP chez Emiliana huxleyi en culture.
Les DMSP diffusent dans l’atmosphère où ils forment des aérosols qui condensent l’eau. Cela permet la formation des gouttes d’eau qui composent les nuages.
[Graphique montrant la quantité de DMSP produit (en mol DMSP⋅mol−1 de carbone) en fonction de la température du milieu de culture en °C. La courbe est décroissante : environ 0,027 à 2°C, descendant vers 0,010 à 20°C].
Document 2b. Teneur atmosphérique en aérosols et taille des gouttes dans les nuages au-dessus de l’océan.
[Graphique montrant le rayon des gouttes d’eau des nuages en micromètre en fonction de la teneur atmosphérique en aérosols (en UA). La courbe est décroissante : le rayon passe de 11,5 μm pour 0 UA à environ 7,5 μm pour 0,35 UA].
Document 2c. Relation entre l’albédo des nuages et le rayon des gouttes d’eau.
L’albédo des nuages est d’autant plus élevé que le rayon des gouttes d’eau est petit.
Document 3 : Métabolisme des coccolithophoridés et flux de carbone à l’interface océan/ atmosphère.
Les coccolithophoridés réalisent deux réactions métaboliques qui impliquent le CO2.
- Pompe à CO2 liée à la photosynthèse en surface suivie de la sédimentation en profondeur.
Pendant le processus de photosynthèse, les coccolithophoridés utilisent la lumière comme source d’énergie lors de la synthèse de composés organiques à partir du dioxyde de carbone dissous dans l’eau. Après la mort des cellules, une partie de la matière organique formée par les coccolithophoridés sédimente en profondeur, ce qui conduit au piégeage du carbone atmosphérique.
- Contre-pompe liée à la calcification de la coccosphère.
Les coccolithophoridés forment des coccolithes en calcite ce qui conduit à une libération de CO2 dans l’océan qui diffuse ensuite dans l’atmosphère.
Document 4 : Index d’efficacité de la pompe biologique déterminé à partir de sédiments d’âge quaternaire échantillonnés dans l’océan Austral.
Les teneurs en carbone organique et minéral de sédiments marins issus de l’activité des coccolithophoridés permettent d’estimer l’importance relative des processus de pompe et de contre-pompe et de déterminer un index au cours du temps. Plus l’index est élevé plus le piégeage du carbone a été important.
Sur le graphique ci-dessous, les périodes glaciaires correspondent aux zones sur fond blanc et les périodes interglaciaires correspondent aux zones sur fond gris. Leur alternance est contrôlée par les paramètres orbitaux de la Terre.
[Graphique de l'index de l’efficacité de la pompe biologique à CO2 (en UA) en fonction de l'âge en milliers d'années (de -300 à l'actuel). On observe des pics d'efficacité (jusqu'à 0,28) durant les périodes glaciaires et des valeurs faibles (proches de 0,05) durant les périodes interglaciaires].