Exercice 1Histoire : L’Europe, un théâtre majeur des guerres totales (1914-1945) - Civils et militaires dans la Première Guerre mondiale
Exercice 1 : Analyser et comprendre des documents en histoire et en géographie (20 points)
HISTOIRE : L’Europe, un théâtre majeur des guerres totales (1914-1945) - Civils et militaires dans la Première Guerre mondiale
Document 1 : Extrait de la lettre d’un soldat français à son père pendant la Première Guerre mondiale
Né en 1894 dans le département de l’Yonne, le soldat René Pigeard écrit cette lettre alors qu’il est au repos, à l’arrière.
Le 27 août 1916
Cher Papa,
Dans la lettre que j’ai écrite à maman, je lui disais tout notre bonheur à nous retrouver « nous-mêmes », après s’être vus si peu de chose... à la merci d’un morceau de métal ! ...
Pense donc que se retrouver ainsi à la vie, c’est presque de la folie : être des heures sans entendre un sifflement d’obus au-dessus de sa tête... Pouvoir s’étendre tout son long, sur de la paille même... Avoir de l’eau propre à boire après s’être vus, comme des fauves, une dizaine autour d’un trou d’obus à nous disputer un quart d’eau croupie, vaseuse et sale ; pouvoir manger quelque chose de chaud à sa suffisance, quelque chose où il n’y ait pas de terre dedans, quand encore nous avions quelque chose à manger... Pouvoir se débarbouiller, pouvoir se déchausser, pouvoir dire bonjour à ceux qui restent... […]
Pense que de chaque côté des lignes, sur une largeur de un kilomètre, il ne reste pas un brin de verdure, mais une terre grise de poudre, sans cesse retournée par les obus : des blocs de pierre cassés, émiettés, des troncs déchiquetés, des débris de maçonnerie qui laissent supposer qu'il y a eu là une construction, qu’il y a eu des « hommes »... […] Ici rien que des obus, des obus, rien que cela. Puis des tranchées […], des lambeaux de chair qui volent en l’air, du sang qui éclabousse... Tu vas croire que j’exagère, non. C’est encore en dessous de la vérité. On se demande comment il se peut que l’on laisse se produire de pareilles choses. Je ne devrais peut-être pas décrire ces atrocités, mais il faut qu’on sache, on ignore la vérité trop brutale.
- Il y a probablement une erreur de date : la lettre a sans doute été écrite le 27 avril.
- Redevenir tels que nous sommes vraiment.
Source : Jean-Pierre Guéno, Paroles de poilus. Lettres et carnets du front (1914-1918), Librio, 2012.
Document 2 : Carte postale d’une rue de la ville de Reims (département de la Marne) pendant la Première Guerre mondiale
Indication en bas de la carte postale :
LA GRANDE GUERRE – Le Crime de Reims. - Rue du Barbâtre bombardée et incendiée.
Source : Site de la bibliothèque municipale de Reims (www.bm-reims.fr).
Questions
Document 1
- Recopiez le tableau sur votre copie et complétez-le en relevant deux éléments pour chaque thème abordé dans la lettre.
| Difficultés des conditions de vie dans les tranchées | Dégâts matériels | Pertes humaines |
|---|---|---|
| • ........................................ | • ........................................ | • ........................................ |
| • ........................................ | • ........................................ | • ........................................ |
- Citez deux mots ou groupes de mots utilisés par ce soldat pour qualifier son expérience dans les tranchées.
Document 2
Identifiez la violence de guerre que montre cette carte postale.
Citez deux conséquences de cette violence pour les civils.
Documents 1 et 2
- Montrez en quelques lignes que, durant la Première Guerre mondiale, les combattants et les civils ont connu des expériences violentes.
Afficher le sujet original, avec ses figures
Début de la correction
Question 1 — Tableau complété (Document 1)
| Difficultés des conditions de vie dans les tranchées | Dégâts matériels | Pertes humaines |
|---|---|---|
| Manque d'eau potable : « une dizaine autour d'un trou d'obus à nous disputer un quart d'eau croupie, vaseuse et sale » | « des blocs de pierre cassés, émiettés, des troncs déchiquetés, des débris de maçonnerie » | « des lambeaux de chair qui volent en l'air » |
| Nourriture insuffisante et de mauvaise qualité : « quelque chose où il n'y ait pas de terre dedans, quand encore nous avions quelque chose à manger » | Paysage totalement dévasté : « il ne reste pas un brin de verdure, mais une terre grise de poudre, sans cesse retournée par les obus » | « du sang qui éclabousse » ; les soldats sont réduits à « peu de chose… à la merci d'un morceau de métal » |
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