EXERCICE 2 – De la plante sauvage à la plante domestiquée (9 points)
Quand les fourmis dispersent les graines …
Les fourmis dispersent massivement des graines dont par ailleurs elles peuvent se nourrir. Dans nos régions il s’agit le plus souvent de plantes herbacées des sous-bois qui disposent sur leur graine d’un dispositif n’intervenant pas dans la germination et appelé élaïosome.
Montrer que la dispersion de certaines graines peut reposer sur des interactions mutualistes entre des fourmis et une plante.
Vous organiserez votre réponse selon la démarche de votre choix. Vous veillerez à y intégrer des données issues des documents et les connaissances complémentaires nécessaires.
Document 1 - Pourcentage de semences récoltées par deux espèces de fourmis en fonction de la composition de la semence.
Deux espèces de fourmis sont étudiées : Lasius niger et Myrmica rubra auxquelles les chercheurs présentent deux espèces de plantes la Chélidoine et la Violette dont les graines à élaïosome sont consommées par les fourmis.
Trois propositions de semences sont faites aux fourmis : les graines entières (c'est-à-dire avec élaïosome), les graines sans élaïosome et les élaïosomes seuls.
Les chercheurs notent les pourcentages des différentes semences récoltées par les fourmis.
Document 2 - Caractéristiques des semences de Chélidoine et de Violette
a) Masse moyenne des semences
| Espèces végétales |
Masse moyenne de la graine entière en mg |
Masse moyenne de l’élaïosome en mg |
| Chélidoine |
0,985 |
0,309 |
| Violette |
4,23 |
0,772 |
b) Composition moyenne des élaïosomes et des graines chez toutes les plantes
(Le graphique montre que les élaïosomes sont nettement plus riches en lipides et en acides aminés que les graines, tandis que les graines contiennent plus de protéines).
Document 3 - Nombre de fourmis présentes dans une zone délimitée et période de production de graines.
Une étude réalisée en Allemagne a permis de comptabiliser des fourmis sur une parcelle de terrain délimitée. Le graphique montre un pic de présence des fourmis (environ 200 individus observés) entre avril et juillet, ce qui correspond exactement à la période de production de graines par différentes espèces de végétaux.
Document 4 - Consommation des semences rapportées au nid
Les fourmis de l’expérience suivante sont nourries avec de la gelée nutritive contenant protéines, sucres et vitamines. En plus de la gelée nutritive, des élaïosomes dont les acides aminés sont marqués avec de l’azote 15N sont également mis à disposition des fourmis les jours 0 et 1.
On mesure l’enrichissement en azote 15N des larves et des adultes au cours d’une semaine.
(Le graphique montre que l'enrichissement en 15N augmente fortement chez les larves pour atteindre un plateau vers 11%, alors qu'il reste constant et faible vers 7% chez les adultes).
Document 5 - Dispersion des graines dans l’espace par Myrmica
Sur des zones d’étude de 2,5 m sur 3 m les chercheurs observent la germination de graines (représentées par des cercles blancs sur le schéma) provenant de deux plantes mères (représentées par des cercles gris).
Dans la zone d’étude de gauche il y a des fourmis Myrmica provenant d’un nid indiqué par un triangle. Il n’y a pas de fourmis dans la zone d’étude de droite.
(Les schémas montrent une dispersion beaucoup plus large et éloignée des plantes mères en présence de fourmis, alors qu'en leur absence, les germinations restent concentrées autour des plantes mères).