Exercice 1Compréhension et compétences d’interprétation
A – Texte littéraire
La scène se déroule à Paris le 14 juillet 1789, lors de la prise de la Bastille par le peuple en colère.
De toutes parts, la ville abonde, ruisselle. On se cache des coups de feu ; il y a des gens derrière chaque porte de la rue des Remparts, sous tous les arbres de la grande allée de l’Arsenal, derrière chaque tas de bois de la rue des Marais. La Bastille est enveloppée par l’humanité. Mais ce ne sont pas les hordes débonnaires qui vont au champ de foire et s’en reviennent ; c’est une multitude armée de piques, de broches, de sabres rouillés, de fourches, de vieux canifs, de mauvais fusils, de pilum et de tournevis. Les armes étincellent, dans un brouhaha extravagant, confusion de voix et de cris.
L’assaut commença de partout et de nulle part, il se fit aussi bien coup de fusil que de caillasse. Les cris jouèrent leur rôle. Les jurons jouèrent leur rôle. Ce fut une grande guerre de gestes et de mots. La foule mouvante, expressive, lançait des pierres et de vieux chapeaux. […] Quand soudain un nouveau coup de feu partit du haut des tours. Comme le matin, on courut se mettre à l’abri, les visages étaient en sueur. Un homme se traînait par terre au milieu de la cour. Il s’appuya un instant sur le coude et gémit. Derrière les portes, sous les porches, la foule se mit à pousser un râle sourd. Ce bourdonnement montait vers les murailles ; il semblait venir des rues abandonnées, des places vides. Le blessé gisait immobile, avec de longs cheveux noirs. Le soleil ajoutait à l’impression de désolation. Et puis le marmonnement devint intelligible. La foule scandait d’une voix grave : « Assassins ! Assassins ! » Les gens ressortirent lentement de sous les auvents, d’un peu partout ; de petits groupes se détachaient de l’ombre, et criaient de plus en plus fort : « Assassins ! » La parole ne laisse pas de trace, mais elle fait des ravages dans les cœurs. On se souvient toute une vie d’un mot, d’une phrase qui nous a touchés. À l’intérieur de la forteresse, les soldats reculèrent en une oscillation insensible. Ils éprouvèrent une impression terrible de solitude. Les murailles humides, noires, n’étaient plus une protection ; elles les enfermaient.
Éric VUILLARD, 14 Juillet, 2016.
Hordes débonnaires : foule bruyante et joyeuse.
Pilum : lance terminée par une pointe aiguisée.
Oscillation : mouvement de va-et-vient.
B – Image
Première de couverture de la bande dessinée de Rosemonde Haurez et Pierre Decombe, Les Voyageurs de l’Histoire – 14 Juillet 1789, éditions Pierre Bordas et Fils, 1989.
Compréhension et compétences d’interprétation (30 points)
Lignes 1 à 8. (6 points)
Décrivez l’atmosphère qui règne dans la ville ?Lignes 3 à 4 « La Bastille est enveloppée par l’humanité ». (4 points)
Pourquoi peut-on dire que cette phrase résume la situation décrite dans le premier paragraphe ?Lignes 9 à 12. (6 points)
L’attaque vous semble-t-elle organisée ? Vous justifierez votre réponse en vous appuyant sur les oppositions, les répétitions de mots ou de phrases.Lignes 12 à 21.
a) Quel événement vient interrompre l’attaque ? (2 points)
b) Comment la foule réagit-elle ? (4 points)À la fin du texte, pourquoi les murailles ne sont-elles plus une protection pour les soldats ? (3 points)
Image
a) Décrivez la scène représentée sur cette première de couverture. (3 points)
b) Selon vous, cette illustration rend-elle compte de l’atmosphère décrite dans le texte ? Vous justifierez votre réponse par des relevés précis. (2 points)
Afficher le sujet original, avec ses figures
Début de la correction
Voici une proposition de correction détaillée et pédagogique, adaptée à des élèves de 3ème.
Méthode générale pour répondre aux questions de compréhension :
- Lire attentivement la question pour bien comprendre ce qui est demandé (décrire, expliquer, justifier, relever...).
- Repérer les lignes indiquées dans le texte et les relire avec attention.
- Rédiger des phrases complètes qui reprennent les termes de la question.
- Justifier ses réponses en citant le texte (entre guillemets) lorsque c'est nécessaire ou demandé.
MethodicAi