Exercice 1Histoire : Civils et militaires dans la Première Guerre mondiale
Exercice 1. Analyser et comprendre des documents en histoire (20 points)
HISTOIRE – L’Europe, un théâtre majeur des guerres totales (1914-1945) - Civils et militaires dans la Première Guerre mondiale
Document 1 : Extraits de lettres de poilus morts pendant la Première Guerre mondiale
6 septembre 1916, mercredi soir,
Ma chère mère,
Je t’envoie quelques lignes des tranchées où nous sommes depuis dimanche soir. De la boue jusqu’à la ceinture, bombardement continuel, toutes les tranchées s’effondrent et c’est intenable, nous montons ce soir en première ligne, mais je ne sais pas comment cela va se passer, c’est épouvantable. Nous avons déjà des tués et des blessés et nous avons encore deux jours à y rester. Je donnerais cher pour être loin d’ici. Enfin, espérons quand même.
Adieu, et une foule de baisers de ton fils qui te chérit.
Gaston
Le 13 novembre 1916
Chers parents,
[…] Il y a beaucoup de poilus qui se font évacuer pour pieds gelés. Quant aux miens, ils ne veulent pas geler malheureusement, car je voudrais bien une évacuation aussi. Il n’y fait pas bon ici en arrière : ce sont les avions qui font des ravages terribles et en avant c’est loin de marcher comme les journaux vous annoncent. Ceux-ci sont des bourreurs de crâne pour encourager le civil, n’y croyez rien, comme je vous ai déjà dit c’est la guerre d’usure en bonshommes, en tout. Je termine pour aujourd’hui en vous embrassant de grand cœur.
Votre fils dévoué.
Auxence
Source : GUENO Jean-Pierre, Paroles de poilus. Lettres et carnets du front (1914-1918), Librio, éditions J’ai lu, Paris, 2023.
Document 2 : Photographie d’une famille réinstallée dans un abri militaire, à Chavigny¹, prise entre 1919 et 1924
(La photographie montre une famille nombreuse devant l'entrée d'une creute ou abri souterrain utilisé pendant la guerre)
1- Chavigny est un village de Picardie situé sur la ligne de front de 1914 à 1917. Chavigny n’échappe pas aux destructions matérielles. Après l’armistice, les habitants de ce village, dont les maisons ont été gravement endommagées, voire rasées, n’ont d’autres choix que de se réfugier dans d’anciens abris militaires.
Source : Photographie extraite du « fonds Anne Morgan » et disponible sur le site : https://histoire-image.org/etudes/conditions-vie-civils-guerre-14-18 consulté le 29/10/2024.
Questions :
Document 1
- D’où Gaston écrit-il à sa mère ? Présentez ce lieu.
- Relevez dans le document les difficultés des conditions d’existence et les violences vécues par les militaires au front. (Quatre éléments de réponse sont attendus)
- Expliquez ce que dénonce le militaire français dans le passage souligné.
Document 2
4. Décrivez la photographie. Quelles sont les difficultés rencontrées par cette famille à l’issue de la guerre ?
Documents 1 et 2
5. En vous appuyant sur les documents et vos connaissances, montrez en quelques lignes que la Première Guerre mondiale est une guerre totale.
Afficher le sujet original, avec ses figures
Début de la correction
Document 1
Question 1 — D'où Gaston écrit-il à sa mère ? Présentation du lieu.
Gaston écrit depuis les tranchées (« Je t'envoie quelques lignes des tranchées où nous sommes depuis dimanche soir »). Les tranchées sont de longs fossés creusés dans la terre, s'étendant sur des centaines de kilomètres le long du front occidental, de la mer du Nord aux Vosges. Les soldats y vivent, dorment, combattent et meurent dans des conditions extrêmes : boue, rats, obus, froid, gaz de combat. Le système des tranchées est caractéristique de la guerre de position qui s'installe à partir de l'automne 1914.
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